On pourrait croire que tout se ressemble. Une image avec des personnages. Des bulles.
Une ambiance graphique. Parfois même un style “BD”. Sur le papier, la promesse paraît proche. Mais derrière l’image, le travail n’est pas le même. Et surtout, la responsabilité n’est pas la même. Une intelligence artificielle produit une image à partir d’instructions.
Un artiste, lui, interprète une intention.
Une image peut être générée. Une histoire doit être interprétée.
Si vous voulez un poster graphique, efficace, décoratif, livré rapidement, avec des consignes claires et peu d’allers-retours, c’est possible. Nous savons le faire. Nous en avons les compétences. Mais dans ce cas, nous travaillons dans une logique visuelle : un brief précis, un rendu propre, une livraison rapide. On vise l’esthétique. On vise l’impact, pas la profondeur narrative.
Les outils automatisés répondent à une demande très claire : aller vite, produire en volume, simplifier. Sylvie vient du graphisme et du webdesign. Elle connaît parfaitement ces logiques de production. La question n’est donc pas de savoir si c’est possible. La question est : est-ce pertinent pour ce projet ?
Quand vous commandez une BD personnalisée, vous ne demandez pas seulement un rendu visuel. Vous demandez qu’on comprenne : ce que vous voulez dire, ce que vous voulez transmettre, ce que vous ne savez parfois pas encore formuler.
Dans nos échanges, il arrive souvent que le client commence par : “Je voudrais quelque chose de drôle, mais pas trop. Touchant, mais pas gnangnan.” Essayez d’expliquer ça à un robot !
L’humour d’un couple qui dure depuis vingt ans. La pudeur d’un père peu démonstratif. La fierté d’une équipe après une année difficile. Ce sont des nuances. Et la nuance, c’est précisément ce qui demande une présence humaine.
Le trait, oui, ça compte - C'est ce qui fait la signature.
On pourrait prétendre que la différence n’est pas graphique. Ce serait faux. Un dessin construit, assumé, équilibré, avec des expressions ajustées, une narration fluide, un découpage qui respire, une mise en scène cohérente… ça demande du métier. Et des dispositions relationnelles, humilité et souplesse, en acceptant parfois que le premier jet ne soit pas le bon ( même si ça frustre l’égo )
Une image générée peut être séduisante. Mais un dessin interprété porte un regard. Et le regard, c’est une responsabilité. Quand nous travaillons sur une BD personnalisée, nous engageons notre nom, notre regard, notre expérience. Si le cadeau ne fonctionne pas, si l’émotion ne passe pas, si le ton est mal ajusté, ce n’est pas “l’algorithme” qui est en cause. C’est nous. Et cette responsabilité change la manière de créer.
La morale ? Elle est simple.
Il n’y a pas de police du bon goût.
Il n’y a pas de guerre sainte entre IA et artistes.
Il y a des choix.
Si vous cherchez un objet de collection, un cadeau groupé, une pièce pensée dans le détail, un projet qui engage votre image (personnelle ou professionnelle) … alors le niveau d’exigence change. Et avec lui, le prix. Artisanat, création d’auteur VS Industrie.
Ce qui fait la différence, ce n’est pas l’outil. C’est l’intention.
Le scénario, le rythme, les dialogues, les choix narratifs, la cohérence d’ensemble :
cela relève d’une intention humaine. C’est une question de direction artistique.
Autrement dit, ce qui transforme une illustration en œuvre personnalisée, c’est : le temps passé à comprendre, la responsabilité assumée, la cohérence narrative, la capacité à dire “ ça, on ne va pas le faire comme ça.”
Oui, parfois on conseille.
Oui, parfois on refuse une facilité.
Oui, parfois on corrige un détail graphique.
C’est ça, le travail.
Une BD personnalisée bien pensée peut devenir mémorable. La différence n’est pas toujours visible au premier regard. Elle se ressent dans la manière dont le destinataire réagit. Un sourire poli n’a pas la même intensité qu’un silence ému.
Au final, la décision vous appartient
Personne ne devrait culpabiliser un choix.
Certaines créations relèvent de la décoration. D’autres relèvent du récit. Certaines sont pensées pour être vues. D’autres pour être relues. À vous de choisir ce que vous voulez offrir, matérialiser.
Si c’est un souvenir qui doit durer, un cadeau qui engage votre nom, une œuvre que vous assumerez dans dix ans… alors vous ne cherchez pas un modèle. Vous cherchez une signature. Et une signature, par définition, ne se génère pas en série.
Nous, nous savons travailler à plusieurs niveaux d’engagement.
Mais nous ne faisons jamais semblant de faire plus que ce qui est demandé.
Et c’est peut-être ça, la vraie différence.
Construire des œuvres qui deviennent des souvenirs. Des objets qui prennent de la valeur affective avec le temps. Si ces prises de conscience vous traversent aussi…
La discussion est ouverte en commentaires.
Parce que le futur ne se construira pas uniquement avec des algorithmes. Il se construira aussi avec des regards, des voix et des choix.

